Notre chère bureaucratie. Grand chouchou parmi les sujets de campagne électorale, elle n’a pas sa pareille pour lancer les conversations. Après tout, qui n’a pas d’exemple qui lui vient à l’esprit? Mais si on prend un peu de recul et qu’on laisse sa colère de côté, on se rend compte que les structures de l’administration, bien qu’elles semblent souvent embêtantes, ont leur raison d’être. C’est aussi la conclusion à laquelle est parvenu un père qui souhaitait avoir un droit de regard sur les données de son enfant dans le contexte scolaire en général. Il s’est récemment adressé au Bureau pour la surveillance de la protection des données pour connaître les démarches à entreprendre. Son champ de recherche, exhaustif, allait de l’école obligatoire aux données disponibles à la Direction de l’instruction publique et de la culture en passant par les renseignements collectés pour le travail social en milieu scolaire. Notre réponse n’était pas franchement à son goût: il devait contacter chacune des autorités concernées. Légèrement énervé, il a demandé pourquoi il n’existait pas un service chargé de centraliser les échanges. Pourquoi? Parce que, au nom de la protection de la sphère privée de la personne concernée, les autorités ne doivent pas en savoir plus que ce dont elles ont besoin pour accomplir leurs tâches. C’est ce qu’on appelle le principe «need to know», fondé sur celui de la proportionnalité, qui protège les administrées et administrés de toute atteinte excessive à leurs droits. Autrement, nous aurions un État omniscient et des citoyennes et citoyens (ou, dans notre cas, des écolières et écoliers) totalement transparents face à lui. Cette réponse lui a semblé si logique que le père a déposé chacune des demandes nécessaires avec un certain sentiment de satisfaction. En bref: entre un confort maximal et la sauvegarde des droits fondamentaux, le choix, lorsqu’il est possible, est vite fait. N’est-ce pas?